Deuxième lettre de nouvelles

De l’estime de soi à l’estime du Soi
Commencer par soi, mais non finir par soi;
se prendre pour le point de départ, mais non pour le but;
se connaître mais non se préoccuper de soi-même.Martin Buber
Que de malentendus autour de la notion d’estime de soi !
Elle serait réservée aux obsédés du développement personnel, aux individualistes, à ceux qui cherchent partout le bien-être, le confort, un reflet complaisant de leur personne. Croire cela c’est faire abstraction de la complexité du psychisme, des tensions qui existent entre les différentes instances de notre personnalité; par exemple, entre le masque social que nous nous sommes forgé et tout ce que nous avons refoulé pour porter ce masque et qui, par moment, voudrait se manifester.
Il y a chez chacun de nous, surtout au mitan de la vie, le besoin de réintégrer nos ombres, composées des éléments (qualités, défauts, émotions, sentiments, comportements, attitudes, valeurs, croyances, etc.) que nous avons refoulés et de talents que nous n’avons pas osé ou pu développer; un désir inconscient d’unité ou de complétude qui peut prendre la forme d’une quête de soi. Cette quête s’apparente à un véritable parcours initiatique dans lequel l’ego a un rôle à jouer, car s’il est entravé par la mésestime et la dévalorisation personnelle, la quête avortera au premier obstacle.
Croître en humanité, pour réaliser ce que la vie attend de nous ? Ce peut être une aspiration ardente, même si souvent nous ne savons pas exactement en quoi consiste notre mission ou vocation… A partir de cette aspiration, toute notre existence s’oriente, prend sens et nous nous sentons plus vivants. Or, nous avons besoin de nous aimer et de nous faire confiance si nous voulons dépasser l’étape des seules intentions ou intuitions, aussi profondes soient-elles. Et puis nous découvrons que ce que la vie attend de nous n’a rien à voir avec un projet égocentrique. Au contraire, un parcours initiatique ne ressemble pas à un chemin confortable. On ne s’y engage pas comme nous irions au spa, même si je vous encourage aussi à aller au spa !
Nous aimer et nous faire confiance sont des attitudes intérieures. Elles relèvent des perceptions que nous avons de nous-mêmes et des jugements que nous portons sur notre être et sur nos capacités. La bonne nouvelle c’est que nous pouvons changer ces perceptions et ces jugements ! Ils ne dépendent que de nous et de notre courage à confronter les blessures inévitables avec lesquelles nous nous sommes construits. Dans ce travail lié à notre intériorité, nous pourrons compter sur une instance spirituelle que Carl G. Jung appelle le Soi, et que vous pourriez aussi comprendre comme l’âme ou l’image du divin en vous-même. L’expérience de cette dimension est essentielle à notre humanité. Lorsque l’ego peut le reconnaître, il s’opère un passage, une conversion, le désir de se mettre au service de la vie plus vaste que vous.
Les trois ateliers (Estimame) que je vous propose à Crêt-Bérard s’inscrivent dans cette perspective du passage de l’estime de soi (psychologie) à l’estime du Soi (spiritualité)… J’ai choisi pour les distinguer, et les placer dans le temps, la symbolique de la naissance à soi-même, aux autres et au monde. Vous pouvez vous inscrire à l’une, l’autre ou plusieurs de ces journées, selon vos possibilités. Le premier rendez-vous est fixé au samedi 7 septembre 2019 !
Au plaisir de cheminer avec vous…
FT / mai 2019