À propos

Photo de Pierre Nydegger et Laure Ceillier

« Dans notre famille, il n’y a pas d’histoires », disait ma mère…. J’ai eu des doutes. Est-ce pour cela que je suis devenue historienne ?

Confrontée aux procès de sorcellerie conservés aux Archives cantonales vaudoises, j’ai cherché, au-delà du stéréotype du sorcier ou de la sorcière diabolique, les indices qui permettent d’entendre une voix plus singulière et authentique. A partir de cette voix, rendue ténue par les siècles écoulés, j’ai parfois pu recomposer le récit que la torture avait aliéné.

Lentement, je me suis détachée de ce passé tragique et violent, comme on ferait la paix avec une partie de soi. Et j’ai eu envie d’être bousculée au présent, en endossant le rôle de l’enseignante. Depuis, je côtoie des adolescents et assiste à leur métamorphose, au gré des histoires, des textes et des images que nous partageons.

Parallèlement à l’enseignement du français et de l’histoire (Gymnase de Morges), je me suis formée au recueil de récits de vie à l’Université de Fribourg. L’expérience de la mise en écriture de ma propre histoire de vie a été fondatrice. Ce fut une manière de rassembler les traces, de faire le deuil de la maternité et de naître à une identité plus vaste.

Quant aux récits des autres, la pratique m’a convaincue de l’importance de l’écoute et de l’accompagnement à offrir pour que la parole livrée soit féconde. Dès lors, j’envisage le récit de vie comme une occasion de croissance personnelle et me propose de cheminer aux côtés de celles et de ceux qui souhaitent travailler leur propre histoire, individuellement ou en groupe (Ateliers récits de vie).

Mon accompagnement est nourri par l’approche de Jean Monbourquette que l’association Estimame continue de faire vivre et à laquelle je me forme. C’est pourquoi, aux activités en lien avec les récits de vie s’ajouteront d’autres propositions, au fur et à mesure de mon parcours d’accréditation (Ateliers Estimame). Depuis le 1er mars 2019, je suis accréditée pour l’organisation d’ateliers sur le thème de l’estime de soi et du Soi.

Notre histoire de vie ressemble à une terre argileuse et malléable. Avec nos mots et nos silences, au plus près de notre vérité, elle se laisse façonner, modeler et tourner jusqu’à prendre la forme par laquelle jaillit le sens auquel nous aspirons. Transformée en récits, nous pouvons mieux la regarder, l’écouter, l’aimer. Ainsi, nous devenons créateurs de notre propre histoire. Et, sans que nous puissions le décider ou le mesurer rationnellement, ce que nous racontons ouvre en nous de nouvelles possibilités.