Mise en ligne

Je vous souhaite la bienvenue en ce lieu numérique, un site Internet dédié à ma pratique du récit de vie.
Cette pratique je l’envisage comme un travail d’intériorité, d’affirmation et de création. Il s’agit de naître à soi-même d’abord, puis aux autres et au monde. C’est ce double mouvement vers soi – le dedans – et vers les autres – le dehors – que je me propose d’accompagner.
Pourquoi ? Par amour des mots, par passion de l’histoire et des histoires que l’on se raconte pour donner du sens et du goût à la vie. Si ces histoires font de nous l’espèce fabulatrice, selon la formule reprise par Nancy Huston, elles sont parfois aussi de l’ordre du refoulé, de l’indicible. Je les vois comme des noyaux en attente d’une écoute et des mots qui pourraient les ouvrir jusqu’à en découvrir l’amande. Lorsque je suis partie à la rencontre du plus gros de mes noyaux, au mi-temps de la vie, j’avais épuisé toutes mes ressources dans une quête impossible. Ce que j’ai découvert alors, accompagnée, accueillie et reconnue par d’autres, est de l’ordre de la mission ou vocation qui, sans effacer les aspérités du parcours, le remplit d’un sens nouveau et plus profond. Je me suis vue comme une sage-femme, comme celle qui accompagne et permet aux autres d’accoucher d’eux-mêmes. Depuis Socrate, ce travail porte un nom : la maïeutique. Peut-être qu’à ma façon, avec les influences de mon époque, je m’inscris humblement dans cette longue lignée… C’est du moins ce que semble me suggérer mon mari philosophe.
Sur mon site Internet, vous trouverez des propositions d’accompagnement individuel et des ateliers; des articles regroupant, dans l’ordre de leur mise en ligne, des textes représentatifs de ma démarche : récits de vie et de voyage, poèmes, histoires, lettres de nouvelles. Après la lecture du texte intitulé De Chair et de Lumière, un ami a écrit:
« Tout à l’heure, dans la cuisine, entre le téléphone de la cousine et celui avec sa mère, tandis qu’il soupait avec sa femme, épousée il y a bientôt vingt-sept ans – dans quinze jours, en fait – elle lui demandait, sa femme, pourquoi il se lançait dans cette écriture. […] Y voir clair dans sa vie, permettre aux autres d’y voir clair, peut-être. Mais il ne lui a pas tout dit à sa femme, non pas qu’il lui cache des choses – même s’il lui en cache quelquefois -, ils ont juste manqué de temps. Il aurait pu lui parler aussi du projet auquel ils ont participé, avec un de leur fils, l’aîné, celui qui termine sa formation d’acteur de théâtre. Pour lui, l’automne dernier, ils ont répondu à des questions, par écrit, à propos de la parentalité et d’autres choses en lien avec cela. Lui a répondu sous forme d’un texte, un texte dont les questions du fils sont la trame, le fil conducteur. Et ce texte, Histoires de plumes, il le relisait hier, en lien avec un autre texte qu’il lisait, celui d’une amie qui, par l’écriture, avait transcendé sa douleur de ne pas être devenue mère. Un texte très beau. Et en relisant ce texte pour son fils, il se disait qu’il fallait poursuivre ce qui lui apparaissait maintenant clairement comme un embryon de son récit de vie. Et ce nouveau regard, c’est à l’amie qui n’est pas devenue mère qu’il le devait, celui qui écrivait sous la lucarne sans lune et sans piano, au clavier de son ordinateur. Cette amie, enseignante comme lui était aussi en train de donner une nouvelle orientation à sa vie. Elle s’était formée, et se formait encore, au recueil de récits de vie. Elle n’avait pas eu d’enfant mais devenait accoucheuse, accoucheuse de récits de vie. Déjà que sage-femme c’est beau, mais là, on monte d’un cran, on éclaire des vies, sans lune ni lampe de bureau, juste avec des mots. Voilà ce qu’il se disait, celui qui écrivait sous la lucarne, alors qu’on était le 2 novembre depuis presque deux heures et que sa tante, là-bas, s’éteignait doucement. Mais elle souhaitait des visites, ce qui était nouveau. Ces dernières années, depuis qu’elle était devenue la dernière gardienne de la maison de Bulle, la maison où l’accoucheuse était venue la mettre au Monde, la maison où elle était née, elle aimait peu les visites. Maintenant, elle en souhaitait, alors il irait, dès dimanche – dans deux jours – la faire accoucher de paroles, comme elle avait bien aimé le faire avec lui, chaque fois qu’il avait réussi à forcer, doucement et sans instrument, la porte de cette forteresse, la forteresse de l’enfance. »
A peine avons-nous commencé à nous raconter qu’une foule de personnes, entourage, descendants, ascendants, morts ou vifs, peuplent déjà notre propos. On ne peut se dire sans parler des autres. Et puis j’aime ces échos qui mettent nos vies en lien les unes avec les autres. Ce sont des résonances, comme les appellent les recueilleurs de récits de vie. La voix se cherche, s’ajuste; et quand elle sonne au plus près de sa vérité, la mélodie qui s’élève rejoint l’autre – celui qui écoute ou celui qui lit – dans sa propre histoire.
C’est pourquoi la dynamique des ateliers offre des possibilités de partages très enrichissants. Elle accélère les prises de conscience, réveille les mémoires assoupies, aiguise les appétits, recadre les images, intensifie l’écoute. Si l’expérience vous tente, nous nous rencontrerons au mois de juin 2019 dans la salle de l’ancienne poste de Tolochenaz, pour l’atelier Ma vie, quelle histoire ?.
Si vous désirez explorer en premier lieu votre intériorité, la manière dont vous vous êtes construit(e) en tant que personne, la possibilité de développer une perception plus juste et plus saine de vous-même, nous nous rencontrerons au mois de février 2019 déjà. L’atelierDe l’estime de soi à l’estime du Soi aura lieu dans la même salle, au cœur du village de Tolochenaz, tout près de Morges.
A la joie de cette nouvelle aventure, rendue numériquement visible grâce à Sandro Santoro !
FT / novembre 2018