Pardonner c’est…
Donner une chance à l’amour, malgré la morsure de l’offense ;
réclamer la justice et se faire justice ;
chercher, le cœur meurtri, les mots pour dire les émotions vraies et les sentiments qui bordent la plaie ; des mots justes pour que la blessure ne s’infecte pas.
Pardonner c’est…
S’accepter vulnérable, sensible et humain, en renonçant à ces morceaux fissurés de soi, construits de longues dates, et patiemment entretenus pour satisfaire une chimère ;
consoler, bercer, accueillir l’enfant que j’ai été et qui réclame mon attention ; se découvrir capable de l’aimer comme une mère et un père à la fois.
Pardonner c’est…
Affronter face à face sa colère et désamorcer un à un ses plans de vengeance machiavéliques, sadiques ou masochistes.
Pardonner c’est…
Descendre en soi réveiller la victime et convoquer le bourreau ; les inviter à l’écran de sa conscience rejouer leur scénario, jusqu’au dévoilement des intentions qui les animent ; puis, avec courage et confiance les réintégrer en son sein, afin qu’ils se mélangent, se confondent, se pardonnent, et que de leur union je naisse à nouveau : jeune étoile dans une ancienne galaxie.
Pardonner c’est…
S’ouvrir à la compréhension de l’autre ;
voir sa vie en grand angle pour en recevoir un sens plus vaste ; et, dans cette ouverture, se laisser rejoindre par Quelqu’un de plus grand que soi ;
vivre cette rencontre telle une grâce ;
goûter à la sensation profonde, assourdissante, d’être aimé sans condition ni obligation.
FT / 23.02.2018